
Le Verre Mousseline
Le verre mousseline est un type de vitrage qui à été fabriqué en France de 1830 à 1950 environ. Basé sur des techniques de grissaille issue du vitrail ces verres se reconnaissent aisément au coté dentelles de ses motifs d'ou leurs noms de verre Mousseline.
Fabriquer de telle type de verre aujourd'hui avec les techniques de l'époque n'est pas sans poser de sèrieux problème de sécurité, le plomb étant un des composant essentiel de la grisaille. C'est donc avec des techniques modernes et sans danger que l'atelier est capable de reproduire ou restaurer ces verres anciens.
Christian Fournié à eu l'occasion dans le passé de retrouver tout un catalogue de motifs et de remonter dans les archives d'une verrerie fabricante anciennement située près de Decazeville en Aveyron.
Voici ce que nous dit le traité d'Eugène Peligot en 1877...
...Le verre Mousseline: C'est un verre qui a reçu sur l'une de ces faces ou sur les deux un émail blanc qui y forme des dessins variés. L'émail est un verre opaque à base de plomb et d'étain, qui fond à la surface du verre à vitre à une température à laquelle celui-ci est seulement ramolli. Ces dessins sont sur fond mat ou sur fond transparent : ils sont en émail blanc ou en émail coloré.... Le verre à émailler est d'abord nettoyé avec beaucoup de soin, soit à la main, soit avec des brosses mues mécaniquement : il est ensuite posé sur une table, et on y étend à la brosse l'émail préalablement broyé à la meule et mélangé avec de l'eau gommée. Lorsque la couche d'émail est sèche, on applique une feuille de laiton dans laquelle sont découpés les dessins que l'on veut reproduire : c'est le pochoir. On enlève au moyen d'une brosse l'émail qui se trouve sur les parties du verre que le laiton ne recouvre pas : celles qui sont préservées du contact de la brosse conservent la poudre d'émail qui y adhère. Les poussières enlevées par la brosse se répandent dans l'air. En raison de l'oxyde de plomb qu'elles renferment, elles sont vénéneuses, et elles rendent cette opération dangeureuse pour la santé des ouvriers qui l'exécutent. En conséquence, ce travail devrait toujours être fait sous la hotte d'une cheminée ayant un fort tirage, dans une salle bien ventilée. Il serait à désirer qu'on fit usage du masque inventé par M.Paris, du Bourget, et employé dans ses ateliers pour l'emaillage de la tôle. C'est une sorte de muselière en caoutchouc et en gutta-percha avec un appendice en toile métallique garni extèrieurement d'une flanelle moulée ; ce tissu tamise l'air que l'ouvrier respire et en retient les poussières. Mais cet appareil est peu employé ; on sait combien il est difficile d'imposer aux ouvriers des précautions ayant pour but de les garantir d'un danger éventuel. Le pochoir n'a pas toute la longueur de la feuille ; il n'a que la dimension voulue pour être appliqué sur feuilles, dans le sens de leur largeur ; à l'aide de repères, on le place à la suite du dessin déjà préparé de manière à couvrir successivement toutes les parties du verre. M.A. Gugnon a perfectionné ce travail en se servant d'une machine qui fonctionne de la manière suivante : la feuille de verre est placée à plat sur une table. Le pochoir est fixé à un chassis en métal qui tourne autour d'une charnière, et qui vient se placer sur le verre et en travers de la table. Celle-ci glisse horizontalement sur un bâtis en fonte : le mouvement lui est donné à la main au moyen d'une vis sans fin, manoeuvrée par un volant et placée en dessous et dans l'axe de la table. Un cylindre, placé sur le côté, porte des cannelures hélicoïdales dont le pas correspond à la longueur dont doit se déplacer le pochoir pour reproduire exactement le dessin. On conçoit que la position du châssis qui porte le pochoir étant invariable, tandis que la table avance à chaque tour de la même quantité, le dessin se reproduise dans des conditions identiques. La fusion de l'émail se fait habituellement dans un four à mouffle dans lequel on empile les feuilles les unes au-dessus des autres, en interposant entre chacune d'elles une couche mince de plâtre en poudre, dans le but d'empêcher la soudure que produirait, sans cette interposition, la fusion de l'émail. Cette fusion à lieu à la température du rouge sombre : si la température est trop élevée, la plâtre pénètre dans l'émail fondu et y forme un pointillé désagréable ; si elle est trop basse, le verre n'étant pas lui-même suffisament ramolli, l'émail n'est pas adhérent. Le degré à atteindre s'obtient difficilement d'une manière certaine. Pour écarter ces chances de non-réussite, M. GUGNON se sert d'un fort continu dans lequel les feuilles cheminent lentement et s'échauffent peu à peu jusqu'au moment où, arrivées près de la chambre de cuisson, elles sont placées sur une pierre mobile qui entre dans l'arche chauffée au rouge, dans laquelle l'émail fond rapidement. Un regard ménagé dans la paroi du four permet à l'ouvrier de suivre dans l'intérieur de cette chambre les progrès de la vitrification : quand celle-ci est accomplie, la pierre sort de l'arche et revient en face de la galerie. La feuille qu'elle supporte, devenue assez rigide pour être enlevée sans se déformer, est renvoyée dans la galerie à recuire ; elle s'y refroidit graduellement et on la retire à l'extrémité de cette galerie. Le travail est continu, comme dans les fours à recuire le verre à vitre du système BIEVEZ. Verre tulle ou dentelle. La feuille de verre, bien nettoyée, est placée au fond d'une caisse formant tiroir et recouverte d'un châssis sur lequel sont tendus du tulle, de la dentelle ou tout autre matière percée de dessins à jour. Dans cette caisse, qui est ensuite fermée, on insuffle, au moyen d'un ventilateur, de l'émail en poudre impalpable qui se dépose sur les parties du verre laissées à découvert. Cet émail est mélangé avec de la résine très sèche et très fine. La feuille, retirée de la caisse, est soumise, dans une autre caisse fermée, à un jet de vapeur qui fait adhérer l'émail. Après nouvelle dessication, on introduit la pièce dans le four à mouffle ou dans le four à émailler dont il vient d'être question. Avec des émaux colorés et en employant, comme auxiliaire, de l'acide fluorohydrique qu'on fait agir successivement sur la même feuille de verre, qu'il soit blanc, à deux couches ou coloré dans la masse, on arrive à produire plusieurs effets artisitiques les plus variés.
Texte tiré de l'ouvrage "LE VERRE" son histoire, sa fabrication par Eug. PELIGOT 1877.
Autorisation de reproduction N°91897 (Bnf)